En collaboration avec Parcs Canada, la plateforme de création Urban Occupations Urbaines présente Infestation, une installation artistique de Linda Swanson. Un millier de limaces en céramique grandeur réelle envahiront le secteur du bassin Peel au canal de Lachine du 17 au 25 septembre prochains.
En désirant mettre en valeur la fertilité culturelle du quartier industriel historique de Montréal, la présence inusitée et la matérialité de ces limaces en céramique visent à susciter une réflexion contemplative sur le renouvellement et la régénération urbaine ainsi que sur les liens possibles entre la nature, la culture, l’industrie et l’histoire de ce secteur.
L’INFESTATION, au Canal-de-Lachine, se matérialise par mille et une limaces fabriquées à partir de matériaux céramiques. Comme dans le jardin, leur présence souligne l’ambiguïté du déclin et de la renaissance de la ville et symbolise en outre une réponse aux projets de renouveau urbain actuellement en branle dans Griffintown.
Dans nos jardins, nous tentons de privilégier certains aspects de la nature tout en en mettant d’autres de côté. Nous ne souhaitons pas la présence de limaces dans nos jardins, mais elles y aboutissent malgré tout, peu importe nos efforts à nous en débarrasser. La nature à l’état brut a toujours le dessus sur la nature que nous idéalisons. Les limaces font partie intégrante du cycle de la décomposition et du renouveau de la nature, et même lorsqu’elles s’attaquent au jardin, elles lui redonnent aussi vie.
Jusqu’à ce que les sciences modernes prennent leur essor, l’apparition des limaces était attribuable aux forces mystérieuses et créatrices de la nature. On pensait que les insectes comme les limaces et les vers étaient naturellement issus de la substance en décomposition qu’ils ingéraient. Limaces, grenouilles, salamandres et autres créatures semblaient soudainement naître des marécages putrescents et des mares d’eau stagnante. La mort et la décomposition se révélaient essentielles au renouvellement de la vie.
Le Canal-de-Lachine occupe un espace tout à fait privilégié au cœur du développement urbain de Montréal, autrefois le creuset des époques préindustrielle et industrielle et le lieu de naissance de quartiers comme celui de Griffintown. Avec l’ouverture de la Voie maritime du Saint-Laurent, le Canal-de-Lachine a été fermé. Cette fermeture a eu une répercussion directe sur Griffintown, puisqu’elle a entraîné la désindustrialisation et le dépeuplement rapides du quartier.
Depuis 1970, Griffintown est devenu un site urbain qui évoque la désuétude et l’abandon. Cet endroit n’est toutefois pas condamné à l’immobilisme; il est plutôt marqué par les changements qui font à la fois vivre et mourir son passé. L’histoire récente de Griffintown se souvient des tensions profondes et continues entre les intérêts, les limites et les promesses de renouveau urbain et de préservation du patrimoine. Le processus d’embourgeoisement s’est sans conteste amorcé à Griffintown. Les stratégies d’aménagement de la ville s’appuient principalement sur la revitalisation du quartier grâce à des projets d’immeubles commerciaux et de condominiums. En dépit de tout cet essor, l’avenir de Griffintown demeure relativement incertain.
Nous incitons les membres de la communauté à visiter l’installation INFESTATION aménagée dans le secteur du Bassin Peel du lieu historique national du Canal-de-Lachine à compter du 17 septembre, dès le lever du soleil. Ils seront ensuite invités à revenir dans l’après-midi du 25 septembre avant le coucher soleil afin de participer à la dispersion de l’INFESTATION dans la ville, puisqu’ils pourront rapporter les limaces avec eux.
Native de Los Angeles, Linda Swanson habite Montréal depuis 2008. Ses œuvres ont été exposées à Montréal, à Paris, à New York et partout aux États-Unis, et ont été primées par le Delaware Center for Contemporary Art, le Cattaraugus Arts Council, et le NCECA. Elle s’est vue octroyer des bourses par la New York Foundation for the Arts, la Saltonstall Foundation et l’Université Concordia. Linda a étudié l’art de la céramique dans le cadre de l’atelier Tekisui au Japon et elle détient un baccalauréat en histoire de l’art de la UCSB, un baccalauréat en beaux-arts de la céramique de l’Université de l’État de Californie située à Long Beach et une maîtrise en beaux-arts de la Alfred University. Elle enseigne actuellement l’art de la céramique à l’Université Concordia.

